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CATHERINE BAREAUFILMOGRAPHIE
L'AQUEDUC | 2006, performance pour un écran super 8, 7 mn
Le premier jour, je ne l’ai pas fait parce qu’il y avait des moustiques et qu’il faisait nuit. Donc, on y est retourné le lendemain. Il était six heures et c’était trop tôt. Moi je voulais entre chien et loup, au crépuscule.
E UNA POESIA (ou "Nous ferons toujours des mains négatives) | 2006, super 8 sonore, 4 mn
Film réalisé pour Krash40 : 40 cinéastes pour les dernières pellicules de Kodachrome 40.
L’image : au vingtième siècle, quelqu’un a peint une main négative dans un sous-bois.
Le son : dans La Ricotta, à un journaliste qui l’interroge sur le cinéma, Orson Welles répond en lisant ce poème de Pasolini : « Je suis une force du passé. À la tradition seule va mon amour. Je viens des ruines, des églises, des retables, des bourgs abandonnés sur les Appennins ou les Préalpes, là où ont vécu mes frères. J'erre sur la Tuscolane comme un fou, sur l'Appienne comme un chien sans maître où je regarde les crépuscules, les matins sur Rome, la Ciociaria, le monde, tels les premiers actes de l'Après-Histoire auxquels j'assiste, par privilège d’état civil, du bord extrême d'un âge enseveli. Monstrueux est l'homme né des entrailles d'une morte. Et moi, fœtus adulte, plus moderne que tous les modernes, je rôde en quête de frères qui ne sont plus. »
« L’incroyable relief des choses dans l’air aujourd’hui encore touche le cœur. Quant à moi, je crois qu’un arbre, un rocher se profilant sur le ciel furent des dieux dès le commencement. » (Pavese cité par Straub et Huillet à propos de leur film « Ces rencontres avec eux »).
LE NOIR ÉCLAIRE | 2004, performance multi écrans pour 6 projecteurs super 8, 50mn | images et sons: Catherine Bareau | mixage: Vincent Gobert | conception sonore: Catherine Bareau et Vincent Gobert
Comment regarde-t-on à l’aube et au crépuscule ?
De la vue à la vision. En passant près du noir.
La vision pousse dans le temps comme une plante à la lumière.
Des sons et des images disposés librement, un agencement d’éléments. Un corps filmique d’une heure.
L’envie de faire le portrait de l’image, mais elle ne se laisse pas faire.
Donc, l’essentiel procède de la suite à donner à un escamotage.*
"Les images ne se prennent pas et pourtant il arrive qu'elles y soient sur l'écran, et sur l'écran elles apparaissent comme délivrées. Elles ne se prennent pas d'un côté, elles apparaissent comme délivrées de l'autre, libres, elles sont libres, c'est formidable la caméra : l'image se développe et apparaît libérée sur l'écran." Fernand Deligny.Un film avec clous et ficelles
"La planche mesure quatre mètres. Giovanni Martedi la pose sur deux pupitres renversés en guise de tréteaux. Le film commence". (Texte de Jean-Claude Rousseau à propos d’un film de Giovanni Martedi. Publié en 1984 dans "La Revue d’Esthétique, Le Cinéma en l’an 2000").
Laisser la lumière allumée.
Alors à quoi ça rime. À quoi ça tient ce faisceau tendu au-dessus de nos têtes ? Ce corps de lumière allongé à l’horizontale que l’on ne regarde jamais ? À quoi ça ressemble ce katakatakatak, ce battement dans la salle, cette source, cette tendre vitesse de la lumière ? Notre danse de l’ouïe, du oui. Le cri des oiseaux qui pépient. Mais on ne verra aucun oiseau : c’est l’effacement qui s’affirme.
La soustraction assure la présence.
Sur le seuil.
La forme des femmes regardant.
Vivre, c’est défendre une forme, selon Hölderlin.
La femme sur le seuil. La femme dans la fenêtre. La femme escamotée. La femme étincelle.
La femme qui attend. L’enfant dans la lumière.
C’est surtout au seuil du réveil qu’allongée sur mon lit, paupières agitées, je suis traversée d’images noires, et que j’assiste à l’alliance de formes successivement positives et négatives se chevauchant, s’escamotant… Irradiation des contours dérivant telle une barque dans le courant. Courte ivresse (pourvu qu’on l’ait…).
Évasives évasions.
Passage à la vision.
Tout est évasif et pourtant il n’y a pas d’échappatoire, on est entre quatre angles, serré, très serré. On dispose des aimants traînards, inavouables, qui prennent un empire croissant.
Finalement, il y a comme une grande irruption de présence.*
Les images regardent les spectateurs écoutant dans le noir.
Public n’est pas la question, technique n’est pas la question, art n’est pas la question, image n’est pas la question, expérimental n’est pas la question, narration n’est pas la question, politique n’est pas la question, présence est la question.
La présence est profonde, mystérieuse comme un regard. Elle ne peut se donner qu’à ceux qui la cherchent.
Je déclare l’espace et je déclare de l’espace et je déclare que j’improvise.*
Je déclare que je projette à la main.
Moi aussi j’aimerais chanter une ritournelle.
Moi aussi j’aimerais regarder droit dans les yeux. Les projecteurs, eux, projettent droit en rafales mécaniques.
Ils ont créé la femme étincelle.
Le mouvement fixé dans le mouvement. Pour que ça marche, il faudrait éliminer toute notion de vitesse, de lenteur… Etre juste inscrit dans le temps.
Après le temps des lignes de fuites vient le temps du cadre.
Et le bruit du paysage ? Quel est le bruit du flux et du reflux de la mer en négatif ?
Serait-ce notre rumeur intime ?
Les phrases suivies de * sont extraites du livre "Le sujet monotype" de Dominique Fourcade.
Le titre "Le noir éclaire" est emprunté au texte "Un film avec clous et ficelles".
(Catherine Bareau, juin 2004).
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FACE À CE QUI SE PRÉSENTE | 2003, variation deux écrans super 8 nb et couleurs, sonore, 18mn
- Pourquoi pensez-vous qu’elle voudrait ?
- Ca se voit.
- A quoi ?
- Je ne sais pas.
- Vous venez de me dire que ça se voit, donc vous le voyez. A quoi le voyez-vous ?
Vous le voyez, vous le sentez, il y a des signes… Décrivez les moi.
- Je vous le jure, je ne sais pas… Mais pourquoi cela vous intéresse-t-il tellement ?
Face à ce qui se présente est disponible sur le DVD de la revue Dérives
DEUX CORPS EN FUITE | 2001, performance deux écrans super 8 nb, sonore, 12mn
Les peaux respirent dans le grain de la pellicule. Le sang circule. Les corps se frôlent dans le cadre, entre prison et échappement. Avec les danseurs et chorégraphes Claudia Triozzi et Tomeu Vergès.
FEMMES À LA RIVIÈRE | 2001, performance trois écrans super 8 nb et couleurs, silencieux, 18mn
L’eau s’écoule, fluide. Les mains caressent le fond de l’eau. Les corps sont intemporels. Réminiscences antiques, picturale, poétiques. L’humain, femmes et enfants de générations en générations, se forme et se déforme à la surface de l’eau. Sur la trame du temps.
FILM SUR SANS TITRE | 2001, performance deux écrans super 8 nb et couleurs, 20mn | son: Fabrice Heredia
Les sculptures de Vincent Peraro reposent sur le fil(m) ténu de la présence. Petite mise en scène immobile à l'intérieur d'un carré de lumière. Les corps flottent dans leurs écrins écrans, suspendus au regard des spectateurs. Des couches d'images et de couleurs s’effacent progressivement, se recomposent, réapparaissent brusquement, faisant naître le relief…
"Plus on divise un corps en parties menues, plus on peut voir par là la couleur s’évanouir et s’éteindre peu à peu ; la pourpre, l’écarlate même, dont l’éclat dépasse de loin les autres couleurs, si l’on détisse l’étoffe fil-à-fil, disparaissent et s’anéantissent ; à quoi tu peux reconnaître que les parcelles de matière se dépouillent de toute couleur avant de se disperser à l’état d’atomes". (De la nature. Lucrèce).
Sentir par la performance le processus d'engendrement en direct du film en exposant au regard la camera obscura grande ouverte. Déjouer ainsi la règle des trois temps de fabrication du cinéma (tournage, développement, projection) pour les faire fusionner dans un temps unique.
JOURNÉES LOINTAINES | 2000-..., performance deux écrans super 8 nb et couleurs, silencieux, 40mn
Eprouver le cinéma.
"L’homme marche dans l’image et il s’inquiète en vain." (Saint-Augustin)
SAHAR | 2000, performance trois écrans super 8 couleurs, 9mn | son: Bruno Saiz
Proche, lointaine ; blason d’un corps féminin. Visage en miroir. Quelqu’un est là, encore invisible… Attente. Il y a comme un premier souffle que nos mémoires ont gardé longtemps secret. Puis des générations d’images se sont succédées jusqu’à celles que tu regarderas.
FILM POUR MIROIR ET LUMIÈRE BLEUE | 1998, performance trois écrans super 8 couleurs, sonore, 6mn
Au centre, une lueur bleue, celle que le cinéaste Derek Jarman, aveugle, avait au fond des yeux à la fin de sa vie, unique image de son film "Bleu". Autour, deux couleurs pivotent, jaune et rouge, comme une plaie qui s’ouvre et se ferme sur l’ombre vacillante de deux jambes diaphanes.
SALINS | 1988-..., super 8 et 16mm nb et couleurs, silencieux, 30mn
Journal filmique autour d'un paysage de mines de sel.
"Depuis 1988, je filme des montagnes de sel produites par l'industrie des Salins du Midi. D'abord pictural, ce paysage devint au fil des ans espace mental à force d'être filmé en toutes saisons jusqu'à la transe. Immense miroir à l'échelle d'un paysage, architecture intérieure, journal filmique, inventaire de formes scluptées par le mouvement de la caméra et le temps. Le film s'est érigé sans projet et sans souci premier d'enchaînement ni de cohérence finale, jusqu'à ce que naisse d'elle-même une suite qui se tienne. Dans la danse, l'accord s'est établi entre les tas et moi...
CONDUITE D'ATELIERS DE CINÉMA EXPÉRIMENTAL
Atelier Cinéma / Musique | Octobre 2003 à février 2004 | Réalisation par des enfants (neuf/onze ans) du film en quatre écrans Piano Boa avec une classe de l’Ecole Nationale de Musique et de Danse du Blanc-Mesnil (93). Projection accompagnée d’une pièce sonore créée et jouée par les enfants, présentée au Forum Culturel du Blanc-Mesnil.
Atelier Cinématograff | Printemps 2003 | Organisation d’un atelier d’intervention sur pellicule animé par Carole Arcega, cinéaste, pour une classe de collège dans le cadre d’un cours d’arts plastiques. Présentation publique par les élèves d’une performance cinq écrans au Cinéma du Blanc-Mesnil (93) dans le cadre d’une programmation de films expérimentaux : films de Stan Brakhage, Len Lye, et de cinéastes de l’Etna, en leur présence.
Atelier de cinéma à l’Hôpital de jour départemental de Seine-Saint-Denis, service de psychiatrie | Depuis 2001 | Réalisation de cinq films collectifs en cinéma élargi. Dix patients adultes, trois bibliothécaires, deux soignants. Comme point de départ, le portrait. Etre filmé et filmer l’autre, acte simple qui permet le surgissement de liens, profonds, et l’émergence d’identités. Fragments d’histoires. Libération des regards.
Atelier sur le thème du paysage | En 1999, conduite d’un atelier en super huit pendant une semaine pour cinq personnes. Projection publique dans un village du Tarn de classiques du cinéma expérimental : Kurt Kren, Stan Brakhage, Rose Lowder, Bruce Baillie, Jonas Mekas… En février 2002, deuxième projection publique des travaux réalisés au cours de l’atelier et de films de jeunes cinéastes avec improvisations musicales en direct.
PRESSE
- Cahier photos de Catherine Bareau paru en ligne sur le site de la revue Dérives (2007).
- "Contemplation du rythme", texte de Catherine Bareau paru dans "Exploding" n° 10+1, "Etats des yeux" (avril 2006).
- "Echanges d'imaginaires : un atelier de cinéma au long cours", article de David Matarasso à propos des ateliers de cinéma expérimental menés par Catherine Bareau en milieu hospitalier, paru dans "Projections" n°18 (décembre 2005).
- Entretien Catherine Bareau / Raphaël Bassan (644 Ko) paru dans "Bref" n° 67 (juil-août 2005).
- Réponses de Catherine Bareau au questionnaire du Festival Les Inattendus : "comment travaillent les réalisateurs programmés pendant le festival 2004 ? Soixante d'entre eux répondent en 14 questions" (2004).
PROJECTIONS (sélection)
- Mois du film documentaire, Médiathèque d'Uzès, 2006.
- Printemps des Poètes, collaboration avec la poète Fabienne Courtade, Saint-Ouen, 2006.
- Festival 5 jours tous courts, Caen, 2005.
- Les Ecrans documentaires, Arcueil, 2005.
- Catherine Bareau, soirée Scratch / Light Cone, Paris, 2004.
- Festival Les Inattendus, Carte blanche à l’Etna, Lyon, 2004.
- Festival Paris-Ciné, Collectif Jeune Cinéma, 2003.
- Catherine Bareau in Portraits de cinéastes expérimentaux réalisé par Braquage, 2002.
- Explo’sitions, manifestations organisées par Braquage, aménagements expérimentaux à l’occasion de la sortie des numéros d’Exploding, revue d’analyse du cinéma, 1999, 2000, 2001.
- Traverse Vidéo : Le Palimpseste, Toulouse, 2002.
- Collectif Jeune Cinéma, carte blanche à Maria Klonaris et Katerina Thomadaki : les femmes dans le cinéma expérimental, 2002.
- Forum des Images, Carte blanche à l’Etna, 2001.
- Festival des cinémas différents, Collectif Jeune Cinéma, 2000, 2002, 2003.
- Manifestation Jeune, dure et pure, une rétrospective du cinéma expérimental et d’avant-garde en France, Cinémathèque Française, 2000.
- Rencontres Art cinéma/vidéo/ordinateur, Mutations de l’image, Vidéothèque de Paris, 1994.
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