71 rue Robespierre | 93100 Montreuil | France | etna.cinema@gmail.com

A propos

Jean Epstein face à l'Etna en éruption, juillet 1923 - ph Cinémathèque Française - modif  Jean Epstein face à l’Etna en éruption, 1923

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Etna est au 71 rue Robespierre, à Montreuil, dans la banlieue de Paris. Après une petite cour, l’Etna est au premier étage à gauche. Une fois la porte poussée, on trouve une grande salle qui sert de lieu de réunion et de lieu de projection. On trouve aussi des tables de montage 16mm, et une 35mm, une enrouleuse 16mm et de l’autre côté quelques ordinateurs. À l’étage, on trouve les tables lumineuses pour l’intervention sur pellicule et surtout le laboratoire pour le développement.

Cela pour dire qu’avant toute chose l’Etna est un lieu. Un endroit de bois, de métal, de plastique, de machines, de bacs, de béchers, de tables, de chaises, de projecteurs.

Nous, membres de l’Etna, sommes l’envers de cet endroit. Nous sommes chacun venus à ce lieu pour y faire des films. Partant de nos individualités, nous faisons de l’Etna notre lieu commun.

Un lieu de travail, un lieu de partage, un lieu de passage. Parce que nul doute que nous passerons et que nous souhaitons voir l’Etna rester investi par des énergies toujours renouvelées. L’Etna est un lieu habité par les gens qui y sont passés, qui y ont fabriqué, imaginé, rêvé, projeté. Chacun a pu y laisser sa marque. Une histoire qui fait aussi le lieu.

L’impossibilité théorique à définir le cinéma expérimental ne signifie pas que le cinéma expérimental n’existe pas. Et s’il est une aspiration qui a fait naître et a nourri la vie de l’Etna, c’est bien celle de l’expérimentation en cinéma. La volonté de chercher, d’essayer, de faire autre, de pousser des portes non encore découpées dans les murs. Plus une volonté, un sentiment, une excitation, qu’un programme formel, et certainement pas un dogme.

Aujourd’hui, l’Etna accueille parmi ses membres toute personne désirant créer dans ses cadres. L’atelier réunit des gens voulant travailler le film qu’ils viennent de la fiction, du documentaire, des beaux-arts, de la photographie, de l’animation, et d’ailleurs.

Au cœur de l’atelier partagé de l’Etna se situe le laboratoire et peut-être de façon plus large l’attention portée au média pellicule. En effet, nous travaillons et cherchons autour du film également dans son acception la plus matérielle : une bande perforée sur laquelle est couchée une émulsion que nous exposons, développons et projetons nous-mêmes.

Le passage de l’industrie de la pellicule au numérique a changé la donne artistique et économique sur la place du film dans la création cinématographique. Alors qu’hier la vidéo était un média de subversion contre les phénomènes de l’industrie, aujourd’hui le numérique est une norme hégémonique. L’Etna est un des trop rares lieux qui pose la pellicule de cinéma comme un média vivant. Comme une façon de se ré-approprier nos images, de créer nos propres impressions lumineuses, comme un champ de travail. Comme une opportunité pour nous de repenser nos désirs de cinéma.